Les 3 blocages financiers les plus courants (et ce qu’ils cachent vraiment)

Par Santolina Savannet

Vous êtes déjà allé chez Ikea pour acheter une étagère… et vous êtes reparti avec l’étagère, une plante artificielle, des bougies parfumées, un tapis pour l’entrée — et des oreillers parce qu’au fond vous en aviez besoin depuis longtemps.

Total : 247 euros. Prévu : 40 euros.

Et en rentrant chez vous, vous vous êtes dit « de toute façon, j’avais besoin de tout ça » ?

Si cette situation vous parle, cet article est pour vous. Et si vous êtes plutôt l’inverse — vous détestez dépenser même quand vous pourriez vous le permettre — cet article est aussi pour vous.

Après avoir accompagné plus de 100 personnes sur leurs finances personnelles, j’ai remarqué qu’on tombe souvent dans les mêmes pièges. Pas par manque d’intelligence — la plupart de mes clients sont des cadres ou des entrepreneurs brillants, très compétents dans leurs domaines. Mais parce que notre relation à l’argent se construit bien avant qu’on sache ce qu’est un PEA.

Voici les 3 blocages que je vois le plus souvent.

Trop épargner : quand la sécurité devient une prison

Certaines personnes épargnent de façon obsessionnelle — non pas parce qu’elles ont un plan, mais parce que l’accumulation de chiffres sur un compte leur donne un sentiment de contrôle. Derrière ce comportement se cache presque toujours une peur : la peur que demain ressemble à hier, ou à une période difficile qu’on ne veut pas revivre.

Si vous vous reconnaissez dans ce profil, creusez un peu. Qu’est-ce que vous cherchez vraiment derrière ces chiffres ? La sécurité ? L’assurance que votre avenir ressemblera à ce que vous voulez ? La protection de vos proches ?

Aucune de ces motivations n’est mauvaise. Mais demain n’est jamais garanti. La vraie question, c’est : pourriez-vous continuer à construire votre avenir financier, tout en vous donnant la permission de vivre en grand dès aujourd’hui ?

J’ai grandi dans une famille où chaque dépense devait être justifiée. Un restaurant, c’était la sortie de l’année. Pendant longtemps, j’ai reproduit ce schéma — même quand mes revenus me permettaient largement de m’en affranchir. Ce n’est qu’en faisant un plan précis pour mes finances que j’ai réalisé combien je pouvais réellement me permettre. Et que j’ai payé 169 euros sans hésiter pour aller au concert de Taylor Swift — une expérience que j’attendais depuis 16 ans.

L’économie obsessionnelle : quand le passé dicte le présent

Vous passez des heures à comparer les prix au centime près — même quand vous avez largement assez. Vous ne regardez jamais les vêtements hors soldes. Vous culpabilisez pour chaque dépense qui sort de l’ordinaire.

Ce comportement est souvent lié à une période difficile dans le passé — une famille où l’argent était rare, une traversée du désert financier que vous ne voulez pas revivre. Le problème, c’est qu’à force de s’inquiéter pour l’argent, ça finit par faire partie de votre identité. L’argent s’accumule, mais il n’améliore pas votre quotidien.

Quand j’ai commencé ma vie professionnelle, je passais des heures dans les magasins pendant les soldes pour économiser 20 euros sur des vêtements qui ne me plaisaient pas vraiment et qui finissaient au fond du placard. Ce n’est que 10 ans plus tard, en analysant mes finances en détail, que j’ai vu l’ampleur du gaspillage : si j’avais investi 500 euros par mois dès le début sur un ETF Monde, j’aurais généré plus de 60 000 euros supplémentaires. Rien à voir avec les 20 euros « économisés » aux soldes.

Éviter de penser à l’argent : le piège de l’autruche

Vous ne regardez pas vos comptes. Vous n’ouvrez pas vos relevés. Parce que ça angoisse.

Sauf qu’en faisant ça, vous envoyez un message inconscient à vous-même : « Je ne suis pas capable de gérer ça. » Et plus vous attendez, plus le message se renforce.

Ce qui est stressant, ce n’est pas de gérer ses finances. C’est l’incertitude et le manque de contrôle. Ce qui nous rend serein, c’est d’avoir un plan clair et de connaître ses leviers d’action.

J’en sais quelque chose. Polytechnicienne, diplômée du MIT, avec 11 ans de carrière en finance — et pourtant j’ai procrastiné la gestion de mes propres finances pendant des années. Je stressais à l’idée de regarder mes chiffres. J’attendais d’avoir le temps de « bien faire les choses ». En 2020, j’ai traversé un burnout. Ça m’a forcée à regarder en face ce que je pouvais réellement me permettre. Et j’ai réalisé à quel point procrastiner m’avait coûté cher.

Peut-être que vous n’êtes pas encore à l’aise avec vos finances. Pour l’instant. Mais vous pouvez le devenir — il suffit d’accepter d’être un peu inconfortable au début.

Ce que ces 3 blocages ont en commun

Trop épargner, trop économiser, éviter le sujet — ces trois comportements semblent opposés mais ils partagent la même racine : une relation à l’argent construite sur la peur plutôt que sur la clarté.

Notre relation à l’argent, c’est comme un logiciel programmé dans notre enfance. On a rarement l’occasion de le mettre à jour. Et tant qu’on ne le fait pas consciemment, il continue de tourner en arrière-plan — et de prendre des décisions à notre place.

Le simple fait d’examiner vos propres croyances sur l’argent, c’est déjà le premier pas. Pas vers la perfection financière. Vers une vie où votre argent vous permet de dire oui à ce qui compte vraiment — et de couper sans hésiter ce qui ne vous apporte rien.

C’est ce que j’appelle vivre en grand.

Si cet article vous a parlé, vous allez adorer mon Guide pour Investir Efficacement

C’est tout ce que j’aurais aimé savoir quand j’ai commencé – et c’est offert. Dites-moi juste où l’envoyer :

Santolina Savannet est coach en finances personnelles, diplômée de Polytechnique et du MIT, et certifiée CFA et AMF. Après 11 ans en finance en entreprise, elle aide aujourd’hui les gens comme vous à reprendre le contrôle de leurs finances pour vivre en grand.